dimanche, février 12, 2006

Artiste(s)

Une chose assez déplorable est de voir à quel point le sentiment artistique est malmené actuellement.

« Donnes à la vie le sens que tu lui donnes ».

Une rime déplorable, qui nous aurait en toute franchise valu les critiques d’une prof de CP si on l’avait pondue à l’époque, et tout le monde achète, je suis sur qu’il y en a même qui pleurent en écoutant ça.

Le plus inquiétant, c’est que tout le monde veut être artiste. Chanteur de la Starac, acteur de « allo t ou » ou « plus jamais comme ça », autant de gens qui ont été bernés par la téloche qui leur à fait croire, presque à juste titre, que n’importe quel pignouf peut devenir « star » au lieu de rester sagement caissier de superette. C’est là qu’est le paradoxe, une espèce de promotion de l’art, par des personnes qui font tout sauf l’exercer.

A un tel point qu’on commence à s’habituer. On avait l’habitude de considérer que Julie Lescaut n’était pas regardable; je vous invite à vous lever un peu tard le samedi matin et regarder quelques minutes de « Boby et Bobette jouent à touche-pipi » sur TF1 ou France2, des séries pour les « jeunes », et vous supplierez vite qu’on vous passe un Navarro. C’est triste.

Mais attention, ces nouvelles personnes font de l’art pour gagner de l’argent. On ne s’inquiètera pas alors d’entendre des marionnettistes sans talent manifester avec les intermittents sur spectacle, pour se plaindre qu’ils ne gagnent pas leur vie en agitant leurs bouts de chiffons sous les regards atterrés des enfants qui comprennent alors que guignol est un escroc. On ne s’étonne pas non plus d’entendre les vendeurs de disques crier sur tous les toits que la copie est la mort de l’artiste, artistes qu’ils manipulent eux-mêmes comme des marchands d’esclaves. Parce que la différence est bien là : si on a aucun problème à évaluer la différence de qualité entre les œuvres artistiques anciennes et modernes, l’autre différence flagrante est que désormais CA DOIT RAPPORTER. Autrement dit, on ne s’étonne pas que des grands artistes d’avant soient morts pauvres, mais ceux d’aujourd’hui doivent être grassement payés pour faire ce qu’ils font.

Alors on peut se dire qu’il reste l’underground, des gens motivés par leur art, ne cherchant pas plus de rétribution que ça et ne s’offusquant pas de l’ingratitude du public, parce qu’ils aiment juste faire ce qu’ils font. Ces gens là existent, mais non content de leur faire ombrage, je pense que l’industrie de l’art leur met de plus en plus de bâtons dans les roues, de telle façon qu’on peut réellement s’inquiéter pour leur avenir.

M’enfin qui ira les pleurer, on a tellement de choses à faire quand dans le même mois sortent Americain pie 4, un album de kyo et de Nolwen.

De mon côté je ne les aiderai pas, tout simplement parce que je n'ai pas le temps de les débusquer, puisque maintenant c'est comme ça qu'il faut faire.

1 Commentaires

Anonymous Anonyme répond :

Deux mots pour te (nous) remonter un peu le moral à ce sujet : Arctic Monkeys !

4:49 AM  

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